Une gestion catastrophique du retour à l’école par
la mairie

La crise sanitaire que nous vivons a mis en exergue plusieurs points et inégalités au Relecq-Kerhuon. L’école en est au centre. Outre la complexité des distanciations physiques, l’organisation et le suivi des élèves a été inégal du fait du niveau social, éducatif et économique hétéroclite des familles. L’APE (association de parents d’élèves) de Kermadec (école Jules Ferry) nous a informé de la gestion catastrophique du retour à l’école des enfants par la mairie. 

La situation vécue
par l'APEK

Du début du confinement à la reprise de l’école, les enseignants ont dû s’adapter à un nouveau type d’apprentissage par écrans interposés. Cela leur a demandé beaucoup d’investissement et de travail, car il fallait gérer chaque enfant dans son avancement et ses questionnements à distance. 

Les parents ont dû accompagner leurs enfants dans les apprentissages et ont souvent reconnu leurs limites. Au Relecq-Kerhuon, le Conseil Municipal du 27 avril 2020 laissait apparaître un manque d’animateurs pour la reprise à partir du 11 mai, soit plus de 2 semaines avant la reprise. 

Les APE (associations de parents d’élèves) s’attendaient alors à être informés par la mairie des moyens mis en oeuvre à la reprise de l’école et des contraintes. L’APE de Kermadec (école Jules Ferry), par absence de communication et d’informations a appelé la directrice de l’établissement afin de connaitre les modalités de reprise et a également demandé à participer aux discussions, ce qui a été accepté.

Une réunion a eu lieu à l’école le mardi précédent la reprise et l’APEK a travaillé tout l’après-midi afin d’organiser le retour des élèves de la meilleure façon possible. Après leur départ, la conseillère pédagogique est arrivée et a tout remis à plat : cela a eu pour conséquence la mise à l’écart des enfants non prioritaires, les enfants prioritaires occupant toutes les places disponibles. 

L’APE n’a été avertie de cette situation que le jeudi soir, en même temps que les parents par un e-mail de la directrice. Ils auraient aimé en être informés avant, la réunion s’étant tenue le mardi. Dans cet e-mail, l’APEK a appris que toutes les classes ne pourraient être ouvertes du fait d’un manque d’animateurs (1 animateur par classe car le repas du midi devait être pris dans la classe). 

En plus de 2 semaines, la mairie n’a pas pris le soin de faire appel à des animateurs supplémentaires, laissant de fait des classes fermées qui auraient pu accueillir d’autres enfants désireux de retourner à l’école. L’APE s’est réunie et a proposé des solutions à la mairie : mettre en place une école sur 4 jours, avec un système 2 jours/2 jours par semaine, et un accueil par la mairie des parents prioritaires ne pouvant garder leurs enfants. Ces demandes ont été rejetées. 

 

Suite au blocage de la mairie, l’APEK a pris contact avec le Télégramme dans l’espoir de faire bouger la situation grâce à un article. Après sa publication, le maire a alors mis en doute les parents d’élèves sur leur actions via son profil Facebook au lieu de discuter directement avec eux. L’APE a de nouveau sollicité la mairie fin mai pour une négociation. Ils ont alors enfin été conviés à la fin d’une réunion enseignants/mairie, dans laquelle ils ont découvert les nouvelles modalités proposées, c’est à dire un partage du temps scolaire : pas de semaine de 4 jours qui auraient permis aux instituteurs de souffler, mais davantage de souplesse. La mairie ne propose rien de plus (pas d’animateurs supplémentaires). Ainsi, les parents d’élèves ont proposé de contacter toutes les familles prioritaires pour leur demander s’ils pouvaient partager le temps scolaire avec les autres enfants. 

 

Au 2 juin, l’école Jules Ferry est passée de 33% à 75% d’enfants retournant à l’école ; puis à 80% depuis car des familles ont demandé à revenir voyant les nouvelles mesures proposées.

le bilan

  • aucun dialogue de la mairie vers les parents d’élèves du début à la fin
  • l’APEK a perdu 3 semaines et de l’énergie à se battre alors qu’ils avaient proposé la solution, prise par beaucoup d’autres communes dès le début
  • comme depuis 12 ans, les parents d’élèves ne sont jamais écoutés (fuites d’eau, rythme scolaire, agrandissement de l’école)
  • fuite vers le privé qui a su s’adapter toute de suite avec ses moyens propres
  • l’Union pour le Relecq-Kerhuon mêle politique et éducation et se terre dans une idéologie qui ne laisse pas de place au dialogue et à l’intelligence.

Notre équipe souhaite une école non partisane qui travaille dans l’intérêt de tous et qui se donne les moyens de ses ambitions. Sur le mur des écoles est marqué “liberté, égalité, fraternité” : gardons en tête cette devise.